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La levée de fonds à l’amorçage d’une startup

Sur la scène impact de Startup SAFARI Virtual Experience, nous avons accueilli Gaspard Lefèvre, responsable du programme Incubation chez la Ruche. Il nous a parlé de la problématique de la levée de fonds en amorçage à destination des projets à Impact, c’est-à-dire, des projets à porté sociale.

Dans sa présentation Gaspard montra 3 types de financement ou de levée de fonds, par les subventions, les dettes et par l’augmentation des fonds propres. Nous allons résumer tout ce qu’il a dit. Vous avez également à la fin de l’article le lien de la vidéo de son intervention.

Il y aura du vocabulaire spécifique. Un glossaire est à votre disposition en bas de l’article 🙂

 

Les types de levées de fonds

La subvention

La subvention, c’est du financement sans contrepartie. Elle peut être publique ou privée. Ce financement n’est pas dilutif (pas d’ouverture de capital). Les montants et les conditions varient d’une structure à une autre. De plus la constitution du dossier est chronophage, mais on peut se faire accompagner. C’est pile poil ce que fait La Ruche. Voici comment faire pour avoir ce financement, à qui s’adresser et quand le faire.

A qui s’adresser pour avoir une subvention ?

 

Les deux types de subventions

Les subventions sont de 2 types. Les privées et les publiques.

Les subventions publiques viennent le plus souvent de la BPI France, la Banque Publique d’Investissement, qui soutient financièrement dans toute la France, les startups innovantes. Elle le fait au travers d’une bourse, la bourse French Tech. Son montant s’élève à 30 000€ pour financer de l’innovation. Cependant, la condition d’accès la plus importante, c’est d’avoir des fonds propres pour pouvoir cofinancer le projet. Vous pouvez voir les autres conditions sur le site de La French Tech. Il existe des subventions dans les différentes collectivités territoriales comme les Trophées de l’ESS de la ville de Paris. Il finance des projets qui traitent enjeux sociaux, sociétaux ou environnementaux. Les subventions publiques sont diverses et variées. Rapprochez-vous de vos interlocuteurs publics (Régions, départements ou communes).

Pour le financement privé, il existe de nombreuses entreprises qui les accordent. Cela fait partie de leur démarche RSE. C’est au travers des fondations de ces entreprises que sont financées des projets à impact sociaux et sociétales. Les montants varient de quelques milliers d’euros à des centaines de milliers d’euros. On retrouve des fondations comme la Google Impact Challenge ou encore Aviva qui sont très populaires dans le domaine. Elles sont souvent spécialisées et soutiennent des causes clairement définies. Des fondations qui soutiennent les femmes, comme la Fondation Chanel ou la fondation FAMAE qui s’adresse à des entreprises à impact environnemental.

Retrouvez toutes les fondations dans l’annuaire du Centre Français des Fonds et des Fondations. C’est pratique !

Il est probable que vous n’obteniez pas les subventions car il y a beaucoup de concurrence. C’est de l’argent gratuit donc il y a de l’affluence sur cette route. Mais Gaspard vous conseille de garder les contacts que vous aurez dans ces fondations. Il vous expliquerons pourquoi vous n’avez pas été retenus et vous pourrez toujours repostulez pour certaines des fondations.

Comment décrocher des subventions ?

 

Comment avoir des subventions

Pour décrocher une subvention, vous commencerez tout normalement par une étape de recherche. Pensez à des financements de droit en commun. Ce sont des politiques sectorielles en vigueur sur un territoire donné (Régions, Départements, Intercommunalités, Communes). Surveillez régulièrement les appels à projets sur Makesense Spot ou sur Appels à projet Carenews. Le dernier conseil, c’est de contacter régulièrement les financeurs pour les tenir au courant de l’avancé de votre projet et de l’impact qu’il produit.

Ensuite assurez-vous de comprendre ce que les financeurs attendent de vous. Pour décrocher la subvention, faites en sortes que le projet soit à leur goût. Donc discutez avec eux, allez sur leur site Internet ou contactez les lauréats précédents. Cela vous évitera de perdre du temps à répondre à leur appel à projets, pour voir votre dossier se faire rejeter.

Le plus dur reste la rédaction de votre dossier. Présentez le dossier le plus clairement possible. Il faut que vous démontriez aux financeurs que vous comprenez le besoin de votre marché et que vous savez comment y répondre. Ils veulent voir une solution concrète. Ne pensez pas à prendre des éléments de réponses déjà utilisés dans d’autres appels à projets. Racontez plutôt votre histoire et répondez simplement aux questions. Montrez aussi que vous êtes flexibles. Ils doivent voir d’autres plans alternatifs, en fonction de l’évolution du marché. Faites leur comprendre que vous n’êtes pas fixés et butés sur une seule idée, mais sur un projet dans sa totalité.

Les attentes du financeur

 

Les attentes des financeurs

Montrez sur quoi et sur qui vous avez de l’impact. Vous ne pourrez pas le mesurez étant donnée que vous débutez votre activité. Qualifiez cette impact ou imaginez la en utilisant le besoin observé sur le marché. Le besoin est la clé.

L’additionnalité, c’est le fait de montrer que votre solution d’impact répond à un besoin ou à une partie du besoin. Par exemple, si votre projet est éducatif, vous devriez démontrer à quelle partie des enjeux de l’éducation vous vous adressez ou à quelle population. L’additionnalité c’est démontrer que votre solution est complémentaire à ce qui existe déjà sur le marché.

La mesurabilité, c’est de prouver votre capacité à mesurer votre impact. Les financeurs veulent connaître l’impact de votre solution afin de savoir à quel point leur financement démultipliera encore plus cet impact.

Ils veulent au travers de votre projet, communiquer sur leur engagement. Donnez leur l’opportunité de pouvoir mobiliser leurs collaborateurs et de pourvoir communiquer sur leur engagement à vos côtés.

Finalement les attentes du financeur, c’est d’avoir une clarté du projet en définissant des indicateurs d’évolutions et d’évaluations de votre projet. Soyez carrés !!

Les fonds propres

 

Levée de fonds en fonds propres

La levée de fonds en fonds propres, c’est le fait d’ouvrir son capital à des investisseurs. A la différence de la subvention, c’est principalement pour financer les exploitations. Ce sont par exemple des achats de stocks, de dépenses marketing, la recherche et développement ou encore le développement d’application. Ils se font auprès d’investisseurs privés. Cela veut donc dire que les investisseurs prendront part à votre capital et s’attendrons à une partie des bénéfices de l’entreprise. Vous perdez une partie du contrôle de votre entreprise en fonction des parts des investisseurs. Donc pour ce financement, il faut se poser les bonnes questions.

  • Pourquoi je veux lever des fonds ?
  • Pour quels enjeux dois-je lever des fonds ?

Avant d’aller chercher ces financements, il faut montrer qu’on a sa place sur le marché et qu’on est capable d’aller chercher des clients. Donc dans un premier temps, il faut aller chercher des clients, démontrer votre capacité à attirer et à générer de l’impact et ensuite lever les fonds. Il faut lever des fonds pour de bonnes raisons, c’est-à-dire pour accélérer. Premièrement concentrez-vous sur votre premier financeur qui est le client.

A qui s’adresser pour ouvrir son capital ?

 

Les investisseurs au capital

Il y a différentes étapes pour lever des fonds en fonds propres. Les entrepreneurs commencent souvent par les Friends & Family —-> puis les Business Angels —-> pour terminer par les Institutionnels. Les Friends & Family sont vos proches et amis à qui vous pouvez demander une participation au capital. C’est les plus faciles à atteindre.

Les Business Angels, sont des investisseurs particuliers et le plus souvent d’anciens entrepreneurs. Ce sont des individus qui agissent pour leurs comptes et qui veulent investir dans des entreprises à forte croissance ou en amorçage. Vous pourrez les trouver dans des clubs d’investisseurs comme Les Cigales, Garrigue, ANGELSQUARE, ClUB INVEST IDF, ou encore sur les plateformes de financement participatif qui mobilisent de l’épargne des citoyens pour financer en fonds propres vos projets. Faites un tour sur LITA et WEDOGOOD.

Pour ces investisseurs, il est essentiel de comprendre que ce sont des personnes comme vous et moi. En comparaison des institutionnels, vous pouvez donc les convaincre plus aisément sur des cibles d’engagements ou en fonction de leurs enjeux de financement. Liez-vous avec des Business Angels qui connaissent votre secteur, car ils apportent à votre entreprise des compétences, des ressources ou un réseau. Etant donné qu’ils prennent part au capital, il faudra leur rendre compte et les consulter pour des décisions stratégiques. Ils sont proches des entrepreneurs et jouent un rôle de mentor.

Pour les institutionnels, il y en a de différentes sortes. Inco, Phitrust, Citizen Capital et Investir et plus, investissent sur des phases de série A et série B, c’est-à-dire une troisième ou quatrième tour de table. Mais il y a des acteurs qui arrivent en amont, dès le début de la création de votre entreprise. Ils interviennent en Seed (amorçage) ou en Pre-Seed (pre-amorçage). C’est le cas de France Active et Alliance for Impact, qui est un programme d’accélération couplé à un fond d’amorçage de l’impact et partenaire de La Ruche. Avec ce programme, la Ruche permet de lever des fonds d’amorçage allant de 300 000€ à 1 000 000€.

Comment ouvrir son capital ?

 

Comment faire son ouverture de capital

Dans un premier temps, il faut préparer des documents regroupant les informations essentielles aux investisseurs pour comprendre votre projet. Ces documents s’appellent « le Deck ». Ils doivent répondre aux questions suivantes :

  • Qui dirige le projet ? 
  • Qu’ avez-vous déjà réalisé ? 
  • Qu’allez vous réaliser avec la levée de fonds ? 
  • Quel montant comptez vous lever ?

A cela, vous ajouterez vos comptes passés, le prévisionnel Excel, les plans de financement et le tableau de trésorerie. Avec tous ces documents et une stratégie en amont bien définie, il faudra ensuite cibler les bons investisseurs, pour vous permettre de gagner du temps. C’est un point sur lequel La Ruche accompagne les entrepreneurs. Faites leur signe !

Lorsqu’un investisseur vous reçoit, il ira plus loin avec la Due-Dil investisseur. C’est une enquête qu’il va mener pour aller dans le détail de ce qui compose votre entreprise, au niveau du RH, le juridique, la comptabilité et le commercial. La durée de cette enquête dépend de l’investisseur ou de l’importance du montant que vous levez. C’est cette enquête qui rassurera l’investisseur donc il faut se préparer et se mettre sous son meilleur jour.

Avoir un investisseur, c’est construire une relation à long terme. Alors ne soyez pas trop agressif lors de la négociation. Cependant, n’hésitez pas à mettre en concurrence les investisseurs. Cela va de même pour les banquiers et tous partenaires financiers. Contactez-en plusieurs afin de garder le choix de votre côté.

Et pour conclure, faites de la Smart Money. C’est le fait de choisir des investisseurs qui sont dans votre secteur et qui pourront apporter du réseau, des compétences particulières ou des connaissances sur le secteur. Challengez les fonds d’investissement, en les mettant également en concurrence afin de faire le meilleur choix. Mais ne vous attendez pas à un suivi aussi proche que celui des Business Angels.

Les attentes des financeurs

 

Les attentes des investisseurs

Il faut prouver la scalabilité du projet. Démontrez que le projet grandira dans l’avenir. Pour se faire, il faudra présenter un BP (Business Plan) ambitieux et opérationnel.

Montrez que le retour sur investissement est en accord avec votre thèse d’investissement ou bien la façon dont vous comptez investir. Pour cela, vous devrez simuler le TRI (Taux de retour sur investissement) de l’investisseur. Cela lui permettra de savoir à quel moment, il commencera à gagner de l’argent.

Les investisseurs ont à cœur une équipe compétente. Recrutez donc les bons profils pour les séduire. Internalisez la technologie. C’est plus rassurant que de faire tout le temps appel à des prestataires. C’est un point très important !!

Il faut aussi que vous ayez des fondamentaux économiques pour présenter un bon Business plan. Et finalement, cultivez une relation de confiance partenariale et transparente avec le financeur.

La dette

La dette est un type de financement qui ne nécessite pas l’ouverture de votre capital. Elle sert souvent à financer des investissements comme la R&D (Recherche et développent), travaux d’aménagement ou d’achats de matériels couteux. Il faudrait se rapprocher des partenaires bancaires à Impact.

Quel partenaire bancaires choisir ?

La dette permet des investissements plus importants mais entraîne un début de décaissement à court terme. Il faut vite rembourser. Il y a des partenaires bancaires qui prêtent directement à la personnes (prêt d’honneur) et il y en a qui prêtent à l’entreprise elle même. Le choix de ces partenaires est à faire avec un grand sérieux, car ce sont des engagements à long terme. Il est important de bien choisir.

Pour les prêts à la personne, vous avez des acteurs comme France Active, Initiative France, Réseau Entreprendre ou Raise Sherpas.

Concernant les prêts à l’entreprise, vous pourrez choisir, La Nef, France Active, la BPI France, Groupe Crédit Coopératif et la BNP Parisbas. Ces banques sont intéressantes, car elles sont engagées dans l’impact et certaines d’entre elles on des conseillers bancaires formés pour comprendre les nouvelles entreprises aux modèles économiques innovants.

Comment obtenir une dette ?

Comme d’habitude, il faut présenter des documents qui montrent l’état financier de votre entreprise, donc vos comptes passés, les prévisionnels Excel etc…

Une fois que vous aurez rencontré le prêteur, prenez en premier un prêt d’honneur. Cela vous donnera une garantie à d’autres prêts bancaires. Puis, il vous faudra vous mettre à la place du prêteur pour comprendre sur quels points il a besoin d’être rassuré. En effet, en tant que prêteur, il aimera être sûr que vous pourrez rembourser. Donc présentez lui votre stratégie commerciale, hyper méga rassurante et pertinente.

Durant la négociation, n’hésitez pas à mettre en concurrence les prêteurs. Bien sûr, vous êtes conscient du rapport de force qu’il y a entre vous et la banque. Vous n’êtes pas le plus fort pour négocier. C’est pourquoi n’allez pas faire des prêts ou de la levée de fonds en étant à court d’argent. Vous serez encore plus en mauvaise posture et augmenterez vos chances de refus. Anticipez cela. Empruntez, levez des fonds avant d’être dans la zone rouge. Le prêt ou la levée de fonds ne doit pas être une bouée de sauvetage, mais plutôt comme de l’essence qui vous propulsera plus loin.

Conclusion

Nous sommes enfin à la fin de cet article. Merci d’avoir suivi jusque-là et j’espère que vous avez appris autant que moi en retranscrivant la présentation de Gaspard. Elle est riche de conseils et le meilleur conseil que je pourrais vous donner, c’est de vous faire accompagner par un incubateur. Votre projet peut avoir des caractéristiques spécifiques. Vous aurez besoin d’un guide. La Ruche sera ravie de vous accueillir, pour un parcours de financement aussi doux que le miel ! 

Voici le lien vidéo de la présentation de Gaspard. 

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