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Comment entreprendre dans la culture

Le 8 avril dernier dans Startup SAFARI Virtual Experience s’est tenue une table ronde. Le sujet était : Casser les codes de l’entrepreneuriat dans la culture. Les différents intervenants ont échangé sur les préjugés qui freinent les créatifs à entreprendre et à valoriser leur travail. Il y avait Astrid Meslier de La Ruche qui donnait la parole à Tristan Desplechin Co-fondateur de Ciné Chita et Olivier Pascal le Co-fondateur de LAFAAAC. Dans cet article nous vous donnons les points clés partagés durant leur session et vous invitons à regarder la vidéo. Le lien est en bas de l’article.

Faire du business dans la culture n’est pas éthique

L’entreprenariat culturel

L’un des Tabous du milieu culturel est la monétisation des œuvres artistiques. Il est mal vu de créer une entreprise dans ce domaine car on ne trouve pas naturel d’associer l’économie et la culture. L’art ne se monétise pas.

Tristan pense qu’en tant qu’entreprise il faut assurer un salaire aux différents collaborateurs ainsi que de bonnes conditions de travail. En faisant cela l’entreprise fonctionne de manière éthique. De plus, chez Ciné Chita cela leurs tenaient très à cœur de permettre à un maximum de personnes d’avoir accès à leur billet. Ils peuvent alors réduire le prix grâce aux multiples aides de l’état.  Il faut avoir un équilibre entre le côté artistique et le côté viable qui répond aux besoins des personnes.

Olivier dénonce clairement ce Tabou. Selon lui, c’est une idée française de ne pas associer l’argent avec la culture ou l’art. Grâce à son parcours international il remarque que ce n’est pas toujours le cas dans les autres pays. D’ailleurs la CNC (Centre National du Cinéma) mentionne que ce qui importe, c’est que les créateurs sachent monétiser leur création. C’est un vrai problème car il y a énormément de créatifs en France ou dans d’autres pays, mais qui ne peuvent vivre de leur art à cause de ce postulat erroné. Pour LAFAAAC, Olivier voulait vraiment créer une société à but lucratif afin de ne pas être dépendant des subventions et s’assurer une pérennité par soi-même.

La culture est un milieu d’entre-soi. C’est du Piston !

La cooptation

Astrid a remarqué un deuxième cliché qui est la difficulté d’intégrer ce monde culturel à condition d’y posséder une connaissance ou si vous avez fait la bonne école. Tristan et Olivier se sont accordés sur le fait que ce préjugé est à la fois vrai mais aussi faux.

Il est vrai, parce que le monde culturel est régit par différentes institutions dans chaque discipline. Ces Institutions possèdent leur manière de fonctionner ainsi que leur réseau. Etant donné leur ancienneté et leur contribution au rayonnement de la France, elles sont incontournables. Il faut se rapprocher d’elles et de leur réseau et c’est souvent à ce niveau que les difficultés apparaissent. La rencontre ne se fait pas facilement. Mais heureusement, aujourd’hui nous avons des organismes comme La Ruche qui font le lien entre eux et les créateurs. La réussite passe par l’accompagnement de ces organismes.

Mais ce préjugé est aussi faux car Tristan tout comme Olivier n’ont pas initialement fait des études dans des domaines artistiques. Olivier était consultant pendant 15 ans dans un cabinet anglo-saxon et conseillait des banques et des gouvernements pour investir dans l’audiovisuel, dans des pays en développement et en Afrique. Alors que Tristan était un ingénieur en chimie avec une brève expérience entrepreneuriale. Et pourtant les voici chefs d’entreprise du domaine culturel. De plus dans son activité, Tristan côtoie des profils non académiques qui travaillent dans ce milieu et qui sont pluridisciplinaires. Il croise des personnes poussées par leur passion et qui se lance dans cet univers. Pour elles, la réussite passe par la compréhension de ces institutions et leur organisation tentaculaire. L’accompagnement des organismes comme la Ruche sont cruciale mais aussi l’intégration d’un réseau. Mais pas d’un réseau de cooptation mais plutôt un réseau qui aide à baliser et à comprendre le secteur.

La clé, c’est de s’éduquer pour avoir l’information par soi même au lieu de passer par quelqu’un de haut placé. C’est comme cela qu’Olivier a pu découvrir L’IFCIC qui est l’institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles.

La place des femmes dans le secteur de la culture

Ce sujet a été également discuté durant la session car on remarque que les industries culturelles laissent peu de place aux femmes et les relèguent à des postes mineurs.

Olivier confirme cela et trouve que les femmes occupent peu de postes clés. C’est pourquoi LAFAAAC a décidé de les mettre en avant par leurs vidéos de formation présentés par des formatrices. Dans cette optique, il salue l’effort de Laurence Lascary qui veut atteindre une parité dans le domaine du cinéma.

Ciné Chita remarque également le même phénomène avec le cinéma. Voulant faire revivre des films historiques, Tristan se rend compte que la majorité des rôles clés sont attribués à des hommes. Alors pour y remédier, ils ont rajoutés à ces films des rôles pour les femmes.

Mais cela ne doit pas être un frein pour les femmes. Elle doivent se faire leur place et montrer qu’on a effectivement besoin de leur regard et leur contribution. Les choses sont en train de changer et ces milieux s’ouvrent de plus en plus à elles.

Conclusion

Le mot final c’est qu’il y a effectivement des freins à l’entrepreneuriat dans la culture. Ce sont des tabous et des préjugés à revoir. Mais ne nous arrêtons pas là. Il y a tout de même de grandes opportunités qui permettent de survoler ces obstacles. Il vous suffit de vous faire accompagner !

Voici le lien de la vidéo leur passage dans Startup SAFARI Virtual Experience

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